Numérique Responsable

Impact CO2 de Teams, OneDrive, email M365

732 gCO2e par Go et par an. Vue d’ensemble de l’empreinte des quatre principaux outils Microsoft 365 et leviers de réduction concrets pour chaque usage.

L'équipe Gr33t 5 min de lecture
Impact CO2 de Teams, OneDrive, email M365

Stockage permanent et flux à chaque opération : les services collaboratifs Microsoft 365 consomment de l’énergie en continu, et cette consommation se traduit en émissions de CO2. Cet article fait la synthèse, par outil, des facteurs d’émission à connaître et des leviers de réduction à activer.

Une mécanique commune à tous les services

Les quatre services Teams, SharePoint, OneDrive et Exchange (la messagerie M365) fonctionnent selon la même logique d’infrastructure. Notre stockage, en volume et en durée, nécessite constamment de l’énergie pour rester accessible. Nos dépôts et téléchargements de documents consomment de l’électricité à chaque opération. Le mécanisme de réplication des données, propre à l’architecture cloud, multiplie l’empreinte du stockage par le nombre de copies maintenues.

Les facteurs unitaires à mémoriser, pour un usage Microsoft 365 hébergé en Europe :

  • Stockage : 732 gCO2e par gigaoctet et par an (soit 732 kgCO2e par téraoctet)
  • Flux de données en France : 5 gCO2e par gigaoctet transféré
  • Email avec pièce jointe : (nombre de destinataires + 1) × 0,732 gCO2e × taille en Mo, par an

Ces facteurs sont détaillés et sourcés dans la page de référence dédiée. Voyons leur application concrète à chaque outil.

OneDrive, l’espace personnel qui pèse lourd

OneDrive permet de travailler depuis différents terminaux et de synchroniser ses fichiers avec son ordinateur. Chaque changement local provoque un flux de mise à jour automatique vers le cloud, qui se cumule au stockage permanent.

Le choix d’utiliser OneDrive pour sauvegarder l’intégralité de son disque dur ou pour accéder à son espace de travail depuis d’autres terminaux conduit à des consommations qui peuvent varier de 1 à 50. Un usage modéré et ciblé pèse peu ; une synchronisation systématique de tout le disque dur multiplie l’empreinte par un ordre de grandeur.

À cela s’ajoute le mécanisme des versions automatiques. Sur le panel Gr33t de 15 000 utilisateurs, les fichiers bureautiques représentent 2% du stockage apparent mais 75% du volume réel une fois leurs versions cumulées comptabilisées.

Levier principal : trier les dossiers par durée d’inactivité, supprimer les versions superflues des fichiers les plus modifiés, archiver les espaces de projets clos.

SharePoint, l’angle mort des espaces partagés

SharePoint est l’infrastructure derrière la plupart des espaces collaboratifs Teams. Le facteur d’émission est identique à celui de OneDrive : 732 kgCO2e par téraoctet et par an, hors réplication. Mais la dynamique est différente : un espace SharePoint est partagé, collectivement édité, et personne ne se sent individuellement responsable de son ménage.

Les bibliothèques accumulent des fichiers résidus d’anciens projets, des versions multiples du même livrable, des brouillons sans contexte. Ces espaces deviennent invisibles dans le temps. Personne n’y revient, personne ne les nettoie, le stockage croît sans bénéfice pour l’organisation.

Levier principal : cartographier les espaces partagés par direction, identifier les zones dormantes, archiver collectivement les espaces des projets clos. Cette revue se fait en équipe en 90 minutes par trimestre et débloque des décisions de purge qui ne se prennent jamais individuellement.

Teams, le stockage masqué des conversations et visios

Teams ajoute au stockage de fichiers (équivalent à SharePoint) deux sources spécifiques.

Les conversations chats accumulent un historique persistant. Cette source d’émission est récente, elle ne figurait pas dans les premiers bilans il y a quelques années. Elle progresse à mesure que Teams devient le canal principal de la collaboration synchrone et asynchrone.

Les enregistrements de visioconférence pèsent lourd. Une heure de visio Teams enregistrée pèse environ 150 Mo. Les enregistrements de réunions courantes, dont la durée d’intérêt est généralement courte, s’accumulent rarement consultés. Les enregistrements à finalité de capitalisation (formations, webinaires, supports KM) méritent un espace dédié, organisé, indexé, et ne devraient pas rester par défaut dans le canal de la réunion.

Levier principal : limiter l’enregistrement systématique des réunions, déplacer les enregistrements à valeur KM dans un espace dédié, nettoyer périodiquement les enregistrements obsolètes.

Email, le poids des pièces jointes dupliquées

Illustration de l'empreinte CO2 des emails et de la duplication des pièces jointes dans Microsoft 365

Les émissions des emails proviennent principalement du stockage des pièces jointes. Chaque pièce jointe est dupliquée dans la boîte de chaque destinataire, et une copie supplémentaire est conservée chez l’émetteur. L’absence de quota strict sur les boîtes mail n’incite pas à supprimer les messages une fois lus, ce qui prolonge le stockage de mois en mois, voire d’années en années.

La formule est explicite : Émissions d’un email = (nombre de destinataires + 1) × 0,732 gCO2e × taille de la pièce jointe en Mo, par an de conservation.

Exemple concret : un mail avec une pièce jointe de 1 Mo envoyé à 4 destinataires émet 3,66 gCO2e par an si les boîtes ne sont pas nettoyées. Multiplié par dix ans de conservation, cet email représente 36,6 gCO2e. À l’échelle d’une grande entreprise, ce volume cumulé est significatif.

Levier principal : privilégier le partage par Teams ou SharePoint pour les échanges internes (le document reste à un seul emplacement, accessible à tous), réduire le nombre de destinataires aux personnes réellement concernées, nettoyer périodiquement les boîtes mail des pièces jointes lourdes.

Une démarche à structurer

Aucun de ces leviers, pris isolément, ne produit un impact spectaculaire. Pris ensemble, dans une démarche structurée, mesurée, animée, ils transforment l’empreinte numérique d’une organisation. La condition de succès est de rendre visible l’empreinte individuelle, de valoriser les progrès, et de mobiliser au-delà des volontaires par la gamification et le challenge.

C’est l’angle Gr33t Numérique Responsable : objectiver, gamifier, et passer à l’échelle, à partir des métadonnées d’usage Microsoft 365 et Google Workspace, sans jamais lire le contenu des fichiers ni des échanges.

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