L’analyse d’un panel de 15 000 utilisateurs Microsoft 365 sur trois ans montre que les émissions liées aux usages mail, OneDrive et Teams augmentent de 30 à 50% chaque année. À l’échelle individuelle, 85% des collaborateurs aggravent leur empreinte d’une année sur l’autre. Sans prise de conscience, l’inflation va se poursuivre.
Une croissance structurelle, pas conjoncturelle
L’analyse du panel sur trois années consécutives révèle une trajectoire stable : les émissions liées aux usages Microsoft 365 augmentent de 30 à 50% chaque année. Ce rythme dépasse largement la simple croissance des effectifs ou de l’activité. Il traduit une dérive structurelle des usages, encouragée par des outils dont la capacité paraît illimitée et dont les coûts environnementaux restent invisibles à l’utilisateur final.
L’accroissement provient principalement de l’inflation du stockage. Les fichiers s’accumulent, les versions automatiques se multiplient, les pièces jointes se dupliquent dans chaque boîte de destinataire. Le tri d’information utile devient une barrière à la maîtrise des ressources numériques, et le stockage dormant représente une part croissante de l’empreinte globale.
La croissance des emails est plus modérée. Mais une nouvelle source d’émission s’ajoute : les conversations chats, qui n’étaient pas comptabilisées dans les premiers bilans il y a quelques années. Cette source progresse rapidement à mesure que Teams devient le canal principal de la collaboration. Elle pourrait représenter une part significative de l’empreinte d’ici quelques années.
Ces chiffres ne prennent pas encore en compte les usages de Copilot et de l’IA générative en entreprise. Or chaque requête IA mobilise de l’énergie, et l’indexation des patrimoines documentaires pour les pipelines RAG ajoute un coût de stockage spécifique. La trajectoire actuelle d’augmentation des émissions est donc probablement sous-estimée pour les années à venir.
85% des collaborateurs aggravent leur empreinte

À l’échelle individuelle, le constat est encore plus marqué. Sur le même panel de 15 000 utilisateurs :
- 45% augmentent leurs émissions d’une année sur l’autre, parfois jusqu’à les doubler.
- 40% au moins doublent leurs émissions chaque année.
- 85% au total aggravent leur empreinte annuelle.
Seuls 15% des collaborateurs parviennent à stabiliser ou réduire leur empreinte sur une année, sans démarche structurée. C’est dire l’ampleur de la trajectoire et la difficulté de la freiner par les seules pratiques individuelles spontanées.
Deux causes principales expliquent cette dérive. D’abord, la mauvaise utilisation des outils numériques : envoi systématique de pièces jointes en interne plutôt que de partages de liens, conservation des versions multiples sans tri, accumulation d’enregistrements de visioconférence rarement consultés. Ensuite, la croyance en une ressource numérique illimitée et quasi gratuite : l’absence de signal coût ou consommation à l’instant de l’usage ne crée pas de réflexe de modération.
Une inflation qui appelle une démarche structurée
Sans prise de conscience du besoin de contenir l’inflation des émissions, l’empreinte du numérique en entreprise ne cessera de croître. Les usages tirent la consommation, et la consommation tire les besoins d’infrastructures numériques, dans une boucle qui s’auto-alimente.
Trois leviers se dégagent.
Rendre visible l’empreinte individuelle. Un collaborateur qui ne voit pas son impact ne le contient pas. Une trajectoire personnelle, comparée à celle de l’année précédente, suffit souvent à déclencher les premiers gestes.
Outiller le tri et la suppression. Les actions de nettoyage demandent du temps si elles sont menées manuellement. Une cartographie des espaces dormants, une détection automatique des versions superflues, des suggestions ciblées de suppression rendent le geste accessible à grande échelle.
Mobiliser le collectif. Les démarches Numérique Responsable les plus efficaces mobilisent au-delà des volontaires. La gamification, les challenges courts ciblés, l’animation par les ambassadeurs locaux permettent d’engager 100% des collaborateurs autour d’un effort utile à tous.
La trajectoire individuelle, point de départ
L’individu reste l’unité de mesure pertinente. Un Digital Cleanup événementiel mobilise mais retombe ; une trajectoire individuelle suivie dans la durée installe la démarche dans le quotidien. C’est l’angle Gr33t Numérique Responsable : rendre visible l’empreinte individuelle, valoriser les progrès, et passer à l’échelle par la gamification et l’animation, sans jamais lire le contenu des fichiers ni des échanges.
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